JohnJoe Fadden

-ART,BEAUTE,

 Un paysage ou un tableau, une douce mélodie ou un murmure lointain, un parfum subtile ou une saveur délicate, je suis émerveillé. L’œil : le cristallin la rétine les batonnets et les cones, tous ont parfaitement joué leur role. L’air s’engoufre dans le colimaçon, les cils vibrent, l’oreille entend, encore une perfection. Les papilles gustatives s’animent, la chimie n’a pas de secret  pour ces cellules, la perfection est toujours là.
La théorie de l’évolution darwinienne ne peut pas expliquer une telle perfection, l’œil capte les rayons lumineux, corrige les aberrations chromatiques et autres distorsions : c’est mystérieux, pas nécessaire pour survivre, Darwin lui-même reconnaissait  que l'évolution de l'oeil était difficile à admettre dans le cadre de sa théorie. Hans Spemann (1869-1941) prix nobel de medecine en 1935 expliquait que la formation de l'oeil et du cristallin était sous la dépendance du cerveau et qu'ils n'apparaissaient pas si cette zone était cautérisée.
Nos sens sont si parfaits, ils sont en fait le prolongement de notre environnment, loin d’être de simples capteurs envoyant des informations à notre cerveau, loin d’être un simple tableau d’instrumentations. L’intégration à l’environnement est très forte, un œil uniquement pour voir ?, une oreille uniquement pour entendre ?, un palais uniquement pour repèrer quelques saveurs ?, ne nous invitent-ils pas à une relation plus intime avec la nature.
Pour celui qui le désire, cette perfection nous amène à être plus proche de la nature , à être en harmonie avec elle, donc à l’apprécier, d’où la notion de beauté. Et en voulant l’imiter ou traduire l’émotion ressentie l’homme est devenu artiste et peut être a été magicien .

 -Quantum d’evolution par Johnjoe McFadden (prix nobel de médecine). La conscience par Gerald Edleman

La théorie darwinienne est à coup sur devenu obsolète, elle ne peut pas expliquer par des mutations dues au hasard et par l’ adaptation au milieu, l’évolution rapide des espèces, ni la diversité imaginative de la vie, ni sa complexité. Mais la théorie de l’évolution des espèces reste bien vivante, bien que les créationistes la remettent en cause. Plus intéressant et très riche en information nouvelle, est l’approche de certains biologistes et neurologues. Ils intégrent dans leurs modèles la mécanique quantique venant de la physique des particules, les notions d’attracteurs et de fractals venant de la théorie du chaos. Tout en essayant de mieux comprendre les mécanismes à l’intérieur de nos cellules comme le role des gènes aux premiers instants de l’embryologie, le fonctionnement des enzymes, ce qui se cache derrière la conscience, un message clair se dessine : cette complexité incroyable du monde vivant est un phénomène naturel inéluctable et n’a pas besoin de faire appel à un esprit indépendant de la matière.

Si on suit leur démarche alors le mystère de la vie ne se focalise plus sur des planètes où des évènements hautement improbables ont vu malgré tout le jour, mais sur un processus dont l’origine se confond avec le big bang. Mais si les constantes universelles, quelques propriétés et un modèle mathématique sophistiqué suffisent pour décrire remarquablement le monde des particules et projeter une théorie satisfaisante de la naissance de l’univers, il manque quelque chose au sujet de la vie, de son évolution, de la conscience.

 

-Matière-Vie

La théorie du Big Bang focalise notre analyse, notre imagination, nos pensées vers la notion d’origine, de quelque chose qui jaillit du vide. Et le mot vide a pris au cours des dernières decennies une importance grandissante : sa parenté avec néant et rien est maintenant devenue une hérésie. Le vide est l’endroit où tout peut se passer, le mot virtuel est son ami.

Fini l’image naïve du jaillissement de particules sortant du vide. Un état se scinde en deux propriétés complémentaires, d’une surface plane un trou ne peut se produire qu’associé à une bosse, le trou et la bosse ne peuvent que se rencontrer pour re-créer l’état initial, du neutre le positif et le négatif apparaissent simultanément pour mieux s’annihiler. Un observateur associera la notion d’énergie à la facilité ou difficulté pour que les deux états complémentaires se re-combinent. L’énergie ça n’existe pas en tant que telle, comme le calorique (fluide imaginé par les physiciens du 18ième siècle pour expliquer le flux de chaleur) un fluide énergétique  n’existe pas,  c’est une notion remarquablement bien trouvée pour expliquer et manipuler les lois de transformations.

La matière existe parce que deux états (ou propriétés) perdurent au lieu de s’annihiler. Mon intelligence très limitée m’empêche de poursuivre, le scénario se complique rapidement ( principe de superposition, mécanique quantique), mais cette idée fondamentale reste, j’en suis persuadé, un bon guide de réflexion, sa vertu principale étant d’éliminer les fausses pistes. Avec la matière se concrétise la notion d’espace-temps.

 

-COGNOSCERE

De Johnjoe Fadden, la matière a des propensions pour la vie mais ne peut les réaliser que dans des structures hautement organisées des cellules        vivantes. Les champs ont des propensions à la conscience mais ne peuvent les exprimer que dans un environnement hautement structuré offert par le cerveau.                                                                                                                                                                                                                 

Quel thème de réflexion d'une richesse inouïe !

Caché derrière ces deux phrases, la volonté de comprendre le mystère de la vie et de la conscience sans faire appel à un esprit indépendant. Mais sans s'en rendre compte, un principe fabuleux se dessine imperceptible mais bien présent l'univers dès  les premiers instants se met en route pour que la vie d'abord et ensuite des êtres d'un haut niveau de conscience puissent apparaître.

L'univers  possède donc dès le bing bang les conditions nécessaires pour cette émergence : vie puis conscience. Les conditions nécessaires sont les propriétés que les physiciens ont mis en évidence dans leur recherche de la compréhension de notre monde. Sont elles suffisantes ?

Emergence veut dire que vie et conscience ne sont pas un but mais un sous produit, un épiphénomène.

Est ce satisfaisant ?

En effet si nous  ne voulons pas faire appel au hasard, alors un principe nouveau doit être introduit, un principe analogue à la conservation de l'énergie, ou au principe de moindre action, ou au fait que l' entropie ne peut que croître. Ou encore plus audacieux, chaque grain de matière possède une propriété que nos physiciens ne peuvent pas mettre en évidence.

A ce niveau de réflexion, nous ne pouvons croire que vie et conscience ne sont que le fruit du hasard, une émergence, un épiphénomène dans l’histoire de l’univers. D’un autre coté on peut admettre que matière vie et conscience ne sont que des épiphénomènes de l’activité d’un ou d’une multitude d’esprits, alors science logique méditation et réflexion n’ont aucune importance car à tout moment  un esprit peut transcender les lois que nos physiciens  ont laborieusement découvert.

Donc l’hypothèse la plus raisonnable est que vie et conscience ne sont pas uniquement une émergence du lent processus d’expansion et de refroidissement de l’univers qui permet à la matière d’exprimer ses multiples facettes. Une propriété  fondamentale nous échappe qui fait que cette émergence est plus qu’un épiphénomène mais pas forcément un but.

Cette simple déduction amène  deux conclusions extraordinaires.

La première a déjà été évoquée , il n’y a aucune raison d’ envisager l’hypothèse de l’existence d’une âme extérieure au corps qui pense qui est le siège de la conscience qui règne sur le cerveau. Ceci n’implique pas que l’ âme n’existe pas voilà pourquoi c’est extraordinaire. L’ame est donc intimement lié au corps, alors le monadisme de Leibniz prend plus de force et mérite de s’ y pencher plus sérieusement.

Un objet est à une certaine température, il dégage de la chaleur.  Nous savons que température est synonyme d’agitation moléculaire, que le calorifique n’existe pas. Est ce analogue avec vie et conscience ? une propension à la vie à la conscience ?

Les objets magnétiques : quelques molécules ont un dipôle électrique orientée dans aucune direction privilégiée l’objet n’est pas magnétique. Par contre si  ces mêmes molécules ou domaines s’orientent tous dans la même direction, l’objet est alors magnétique et crée un champ magnétique. Pour aller plus loin qu’une simple propension, pour parler d’ âme il faut faire appel à une propriété comme le champ électrique et magnétique pour les  objets magnétiques. Cette analogie a uniquement pour but de bien faire comprendre que l’émergence d’une âme ne peut se produire spontanément, ce que nous connaissons de l’univers ne nous a jamais montré un tel scénario. Les circonstances ont magnifié quelques propriétés de l’univers inscrite dans chaque grain de matière pour faire émerger une âme.

La deuxième conclusion est encore plus extraordinaire.

Mais pas tout de suite